03 Couté bâton en main (plan américain)
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Un parcours entre nature et culture

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25/10/2014 Randonnée "La route du blé" (extension IGC) d'Ouzouer-le-Marché au Bardon en passant par Baccon

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Événement dans la petite planète IGC·: la pose de la plaque première de l’Itinéraire Gaston Couté décrivant sommairement la réalisation et ses motifs. La République du Centre en a rendu compte dans son numéro du jeudi 30 octobre 2014·:

«·Samedi 25 octobre 2014, une cinquantaine de «·chemineux·» motivés ont rallié Le Bardon vers 17 heures, après être partis à 9 heures d'Ouzouer-le-Marché (Loir-et-Cher).

Cette randonnée poétique était organisée par l'association Itinéraire Gaston Couté (IGC) de Meung-sur-Loire en hommage au poète local d'exception mort à 30 ans, après avoir écrit une œuvre remarquable d'intensité et d'émotion : « La chanson d'un gâs qu'a mal tourné ».

Le départ d'Ouzouer-le-Marché se justifiait pour rendre hommage à Fernand Després, natif de la commune, journaliste et ami de toujours de Gaston Couté. Les organisteurs ont profité de cette occasion pour présenter à la municipalité oratorienne ce personnage relativement ignoré du Pays.

Après une halte à Baccon au cours de laquelle un déjeuner était servi, ponctué d'animations, les marcheurs ont repris leur bâton de pèlerin et franchi les huit derniers kilomètres les séparant du Bardon.

Là, associées aux gens du village, Martine Mahieux, maire, et Jeannine Langlois, ancienne première magistrate, heureuses et fières de l'événement, ont dévoilé officiellement la plaque « Début de l’Itinéraire Gaston Couté »

Ce symbole marque désormais le départ du chemin de randonnée du Bardon à Gargilesse (Indre), qu'empruntèrent, Gaston Couté et Maurice Lucas durant l'été 1899. « Cette plaque est la représentation du kilomètre 0 de l'itinéraire et nous en-visageons de poursuivre cette initiative en d'autres points du parcours », confie François Robin, secrétaire de l'association.·»

Monographie sur «·Fernand, Désiré, Alfred DESPRÉS dit A. Dubois·»

Fernand Després (1877-1949), né à Mauvelles (hameau sur la commune d’Ouzouer-le-Marché), mort à Alger en 1949, connut Gaston Couté tout jeune au moment des vacances chez un certain Dupuis, ami du père Couté. Dès lors, Fernand Després suivit Couté chez ses parents et au bord des Mauves, cependant que Couté accompagnait son ami en Beauce. Leur amitié devait se continuer à Paris. Fernand Després…Voilà un nom inséparable du journalisme et des lettres, de l’histoire du pacifisme en 1915, du socialisme, de toutes les grandes idées généreuses.

Avant 1896, Fernand Després exerça la profession de cordonnier chez Marie, Charles Constant, dit le Père La Purge qui l’initia aux théories anarchistes·; vers 1896, il fit la connaissance de Vigo Miguel Almereyda - il sera le parrain de son fils, le cinéaste Jean Vigo - et commença à fréquenter les milieux libertaires.

La vocation du journaliste

En 1901, Després abandonna tout travail manuel pour se consacrer à la politique et au journalisme. Il avait collaboré dès 1899 au Journal du Peuple (299 numéros du 6 février au 3 décembre) dont le directeur était Sébastien Faure·; il collabora ensuite à l’organe individualiste L’Homme (Paris, 7 numéros d’avril à août 1901), au Libertaire, à La Guerre sociale (1907-1914), à La Bataille syndicaliste (27 avril 1911- 23 octobre 1915), et même, de temps à autre, à L’Humanité où il se fit remarquer par la violence de ses articles. Il adhéra à tous les groupements révolutionnaires de l’époque. Compromis en 1901 avec Almereyda dans une affaire de détention et de fabrication d’explosifs, il bénéficia d’un non-lieu·; à nouveau compromis en 1909, dans l’affaire des faux mandats internationaux, il bénéficia là encore d’un non-lieu.

En 1912, Després abandonna sa collaboration à La Guerre sociale et à L’Humanité pour se consacrer à La Bataille syndicaliste dont il devint un des principaux rédacteurs sous le pseudonyme d’ A. Desbois.

Inscrit au Carnet B avant la guerre de 1914-1918, il fut durant la guerre réformé n°·2, mais démissionna avec Marcelle Capy en août 1915 de La Bataille syndicaliste en raison de la ligne «·union sacrée·» qu’elle avait adoptée et qui lui interdisait de prendre la défense de Romain Rolland en août 1915 — voir «·Pourquoi nous avons quitté «·La Bataille syndicaliste·», in Rosmer, Le Mouvement ouvrier pendant la guerre, t. I, pp. 561-566.

En 1918-1919, inculpé d’intelligence avec l’ennemi, à la suite d’un séjour à Genève avec son ami Romain Rolland, et poursuivi devant le 3e tribunal de guerre de la Seine, il bénéficia à nouveau d’un non-lieu.

À cette époque, Fernand Després, collabore à L’Avenir international (Paris, 32 numéros janvier 1918-octobre 1920) revue très favorable à la révolution russe dont un grand nombre de rédacteurs étaient d’anciens collaborateurs des Temps Nouveaux et à La Plèbe, (Paris, 4 numéros du 13 avril au 4 mai 1918), revue internationaliste harcelée par la censure et bientôt interdite, qu’il dirigea avec Marcel Martinet et Jean de Saint-Prix.

Avant son passage au communisme, Fernand Després avait collaboré à plusieurs autres titres de la presse libertaire ou proche dont·: Les Cahiers de l’Université Populaire (Paris, au moins 23 numéros du 10 janvier 1906 à novembre 1907)·; L’École de la Fédération (Marseille, 1915-1919) qui pendant la guerre remplaçait l’Ecole Emancipée·; Libre Examen (Paris, 6 numéros de juin à novembre 1904) publié par Ernest Girault·; La Tribune Internationale (Paris, 1904-1905, 14 numéros).

Après avoir séjourné dans l’Aisne au lendemain de la Première Guerre mondiale, Fernand Després s’installa à Anzin (Nord) en 1920 pour y travailler comme chaudronnier. En fait, il semblerait que Desbois ait été «·parachuté·» pour mettre sur pied les Comités syndicalistes révolutionnaires de l’arrondissement de Valenciennes dont il devint le secrétaire en 1921. Propagandiste résolu, utilisant souvent la violence verbale, et adhérent du Parti communiste dès sa fondation il tenta d’attirer vers les rangs communistes les militants anarchistes et anarcho-syndicalistes de la région de Valenciennes. Il quitta le Nord à la fin de l’année 1921.

Après la «·grande·» guerre, Fernand Després mène une carrière mouvementée au parti communiste. Militant très actif à la 20ème section de la Fédération de la Seine, il collabore à L’Humanité, dont il est administrateur. En octobre 1922, il est délégué au XIème Congrès du Parti communiste.

On le retrouve en 1926 membre de la Commission coloniale. En 1932, le Parti communiste le présente aux élections législatives de Fontenay-le-Comte (Vendée). Il travaille plus tard comme correcteur d’imprimerie tout en collaborant aux rubriques judiciaires et littéraires de l’Humanité. Au début de la 2ème guerre mondiale, en 1939, il quitte Paris pour se rendre à Nice.

Au moment de sa mort, en 1949, il travaillait à la radiodiffusion d’Alger.

Le poète et le journaliste.

Rappelons que Fernand Després était cosignataire, en 1902, avec Couté et Mac Orlan du Manifeste de la pensée libre.

On se souviendra également que c’est Fernand Després qui fit embaucher Gaston Couté à La Guerre Sociale alors que ce dernier se trouvait dans la dèche. «·J’veux b’en·!·» lui fut-il répondu. C’est encore lui qui écrivit l’éditorial dans le numéro spécial de La Guerre Sociale consacré à la mort de Couté. Il était en vacances à Ouzouer-le-Marché quand il reçut le télégramme fatal «·Couté est mort »·! Mais rédigea dans l’instant son article.

Il écrivit une étude plus longue dans un numéro de la Vie Ouvrière en 1911 encore.

«·La mort de Couté, brusque, inattendue, aura eu un retentissement douloureux dans bien des cœurs de révolutionnaires. Parmi ses amis qui le fréquentaient assidûment, dont l’admiration pour l’homme égalait l’admiration pour l’œuvre, ce fut une véritable stupeur. Comment·! Cet être excellent, au cœur droit et à la destinée ingénue, nous quittait déjà. Couté, une force harmonieuse de la nature, une émanation directe de la terre, un génie sain, brutalement enlevé à cette lumière du jour dont toutes les nuances lui étaient familières·! L’esprit se refuse à croire aux réalités mauvaises qui revêtent un tel caractère d’horreur.·»

On lui doit aussi deux beaux articles sur Couté dans L’Humanité (6 janvier 1924 et 16 avril 1938). Beaucoup d’autres dans le Journal du Peuple, dans La Bataille Syndicaliste, etc. Il organisera encore des émissions radiophoniques sur son ami Couté…

Soyons clair… Fernand Després (A. Dubois) n’a pas de sang sur les mains·! Mais quelques non-lieux… S’il est anarchiste comme son ami Gaston Couté, c’est à dire en rupture avec l’ordre social de son époque, ce n’est pas parce qu’il est un terroriste mais un pacifiste, ce qui dans certains moments de l’histoire n’est décidément pas de tout repos. Bref, c’est un citoyen d’Ouzouer-le-Marché qui mérite considération et qui est probablement exemplaire à bien des égards, si l’on considère sa vocation de journaliste et la fidélité aux idées de justice sociale, de liberté, d’égalité et de fraternité, tous desseins figurant au frontispice de tous nos monuments publics comme objectifs pérennes de notre société.

François Paul Robin (25/10/2014)

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